La Cour de cassation assouplit les règles du jeu en matière de preuves dans les litiges prud’homaux

 La Cour de cassation assouplit les règles du jeu en matière de preuves dans les litiges prud’homaux

Si la Cour de cassation admet la recevabilité d’une preuve déloyale, à savoir l’enregistrement d’une conversion téléphonique entre le salarié et son employeur (effectué à l’insu de ce dernier) elle exige que cette production soit indispensable à l’exercice des droits du salarié et que l’atteinte soit proportionnée au but poursuivi.

En l’espèce, un homme a été engagé par une société selon divers contrats à durée déterminée, à temps partiel, puis à temps complet. Le salarié, affirmant avoir été victime de travail dissimulé et de harcèlement moral, a saisi la juridiction prud’homale notamment aux fins de requalification des contrats à durée déterminée en un contrat à durée indéterminée et d’indemnisation pour les faits de harcèlement moral.

La Cour d’appel a débouté le salarié de ses demandes, en écartant le moyen de preuve compte tenu du caractère déloyal du procédé employé, rendant illicites les enregistrements.

Le salarié a contesté cette décision en faisant valoir que ces enregistrements étaient indispensables à l’exercice de ses droits de salarié.

La Cour de cassation devait alors répondre à la question suivante :

L’atteinte au respect de la vie personnelle de l’employeur peut-elle être strictement proportionnée au but poursuivi de protection des droits du salarié ?

La Haute juridiction réponds par l’affirmative, se faisant, elle élargit le champ des preuves admissibles dans les débats judiciaires.

Décision :Cass. soc., 2 mai 2024, n° 22-16.603

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