Lien entre sclérose en plaques (SEP) et vaccin, la nouvelle approche du juge

Lien entre sclérose en plaques (SEP) et vaccin, la nouvelle approche du juge

Il existe des débats sans fin et sans fond, où chacun campe sur ses positions, et où le dialogue peut rapidement déboucher, au mieux, sur une impasse, au pire, sur un affrontement. La question du lien entre la sclérose en plaques (SEP) et le vaccin contre l’hépatite B en est un exemple emblématique.

Objectivement, reconnaissons que chaque camp dispose d’arguments solides.

  • Du côté des sceptiques, l’argument principal repose sur l’absence de preuve scientifique démontrant un mécanisme causal entre le vaccin et la SEP.

  • Du côté des croyants, il semble évident que le vaccin est en cause, notamment en raison de l’absence d’antécédents familiaux ou personnels de SEP et de la proximité temporelle entre l’injection et l’apparition des symptômes.

Les sceptiques affichent une confiance absolue dans la science et sa capacité à tout expliquer. Pourtant, rappelons qu’un phénomène aussi fondamental que la gravité reste inexpliqué : si nous savons définir ses caractéristiques et émettre des hypothèses (comme la déformation de l’espace-temps), le mécanisme précis qui fait chuter un stylo au sol demeure mystérieux.

Quant aux croyants, ils ressentent souvent une profonde injustice. On ne compte plus les professionnels de santé contraints de se faire vacciner pour conserver leur emploi, qui se retrouvent ensuite atteints de SEP et déclarés inaptes à tout poste.

Le droit a ici la lourde tâche d’arbitrer ces querelles interminables. Le juge administratif, dans une décision rendue le 31 décembre 2024, adopte une approche différente : plutôt que de chercher une preuve impossible (le mécanisme précis liant le vaccin à la SEP), il examine si ce lien peut être catégoriquement exclu.

Cette démarche ouvre la voie à une meilleure prise en charge indemnitaire des patients atteints de SEP après vaccination. En effet, elle permet de raisonner au cas par cas plutôt qu’en termes généraux. Le juge administratif, souvent critiqué à tort, montre ici une audace bienvenue.

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Voici la décision du Tribunal administratif d’Orléans du 31 décembre 2024

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