Les délais de rétractation de la clause de non-concurrence strictement fixés par la Cour de Cassation

Les délais de rétractation de la clause de non-concurrence strictement fixés par la Cour de Cassation

En droit français, la clause de non-concurrence est une stipulation du contrat de travail empêchant le salarié d’exercer une activité concurrente après la fin de son contrat. Rappelons que celle-ci est soumise à 5 conditions :

– L’existence d’une contrepartie financière

– Une limitation géographique

– Une limitation temporelle

– Une clause écrite

– La justification de l’existence de la clause

L’employeur ne peut pas l’imposer unilatéralement car elle résulte d’un accord express entre les parties. Mais ce ne sont pas les seules conditions puisque l’employeur doit respecter un délai très strict de rétractation de cette clause.

Le 29 avril 2025, la Cour de cassation a statué sur une affaire où un salarié, qui comportait une clause de non-concurrence dans son contrat de travail, avait été licencié pour inaptitude physique et impossibilité de reclassement sans exécution de préavis. L’employeur a alors décidé d’y renoncer après la notification du licenciement et non au moment du départ effectif. Par la suite, le salarié a réclamé le paiement de la contrepartie financière qui lui était, normalement, du.

La Cour confirme donc la jurisprudence antérieure en affirmant qu’en cas de licenciement, sans préavis, le départ effectif du salarié correspond à la date de notification du licenciement. Ainsi, dans cette affaire, l’employeur doit renoncer à la clause de non-concurrence au plus tard à cette date, même si le délai contractuel de renonciation prévu avait été défini par l’employeur. Passé ce délai, celui-ci doit payer la contrepartie financière prévue. Ainsi, si l’employeur ne lui a pas notifié sa volonté de renoncer à la clause, le salarié est en droit d’exiger le versement de l’indemnité de non-concurrence. Celle-ci est généralement proportionnée aux restrictions imposées (généralement entre 20 % et 50 % du salaire brut mensuel, selon les conventions ou les usages).

Cette décision entérine la jurisprudence antérieure mais renforce, par la même occasion, la sécurité juridique du salarié. En effet, celui-ci ne doit pas rester dans le flou lorsque son contrat de travail prend fin et doit connaître les secteurs dans lesquels il peut espérer retrouver du travail, et ce quel que soit le motif de rupture. Cela invite les employeurs à être très réactifs au moment de la rupture s’ils veulent éviter de payer une contrepartie financière.

Cour de cassation, civile, Chambre sociale, 29 avril 2025, 23-22.191, Publié au bulletin – Légifrance

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