L’analyse de la sécurité et la pharmacovigilance en vie réelle des vaccins Pfizer
Cet article est La surveillance de la sécurité des vaccins à ARN messager en conditions réelles repose sur l’analyse systématique des rapports périodiques de mise à jour de la sécurité, couramment désignés par l’acronyme PSUR.
Ces documents de pharmacovigilance ont pour mission de fournir une évaluation exhaustive du rapport bénéfice/risque d’un médicament à des intervalles précis après son autorisation initiale. L’objectif central d’un PSUR est d’intégrer les informations de sécurité nouvelles ou émergentes dans le contexte des données déjà accumulées.
Le promoteur est contractuellement et légalement responsable de la gestion de ces données d’innocuité postérieures à l’autorisation de mise sur le marché. Les sources de ces signalements sont multiples, incluant les bases de données internes des laboratoires, les signalements spontanés aux autorités comme EudraVigilance en Europe ou le VAERS aux États-Unis, ainsi que les publications de la littérature médicale.
L’analyse de ces cas permet de calculer des signaux de sécurité pour détecter des effets indésirables qui n’auraient pas été mis en évidence lors des essais cliniques pivots.
Dès la phase initiale de commercialisation, entre le 1er décembre 2020 et le 28 février 2021, une analyse cumulative a recensé 42 086 rapports de cas contenant plus de 158 000 événements indésirables. Parmi ces premiers rapports, le laboratoire Pfizer a dénombré 1 223 décès, soit environ 3 % des signalements enregistrés durant cette période de trois mois. Les données ont révélé une forte proportion d’événements jugés graves, dépassant les 50 % pour la quasi-totalité des catégories, incluant les affections cardiaques et les maladies auto-immunes. Une liste préliminaire d’événements indésirables d’intérêt particulier, présentée brièvement par la FDA en octobre 2020, répertoriait déjà des pathologies lourdes telles que le syndrome de Guillain-Barré, l’infarctus aigu du myocarde ou encore des issues défavorables de grossesse.
Un focus spécifique sur les femmes enceintes vaccinées en vie réelle a montré que sur 270 cas suivis, 26 se sont conclus par un avortement spontané ou un décès néonatal. En annexe de cette analyse cumulative, une liste de plus de mille pathologies distinctes a été établie pour faire l’objet d’une surveillance rapprochée.
L’évolution chronologique des rapports de sécurité montre une augmentation massive du volume de données traitées par les agences de régulation.
Le premier rapport de sécurité (PSUR 1), couvrant la période du 19 décembre 2020 au 18 juin 2021, faisait état de 327 827 cas totalisant plus de 1,1 million d’événements indésirables. Durant ce premier semestre, 5 115 décès ont été rapportés, dont une immense majorité survenue après l’autorisation de mise sur le marché. Le second rapport (PSUR 2), s’étendant jusqu’en décembre 2021, a vu ces chiffres doubler avec 657 528 cas et plus de 2,1 millions d’événements signalés. Le nombre de décès enregistrés s’est alors élevé à 5 413.
La progression s’est poursuivie dans le troisième rapport (PSUR 3) qui, au 18 juin 2022, comptabilisait 1,3 million de cas et 4,9 millions d’événements indésirables. Ce rapport documentait un total de 13 659 décès depuis le début de la campagne de vaccination. Enfin, le quatrième rapport (PSUR 4) a atteint les 1,7 million de signalements à la pharmacovigilance en décembre 2022, incluant 14 945 décès.
Parmi les signaux de sécurité majeurs, la myocardite et la péricardite ont fait l’objet d’une attention particulière de la part des agences de santé. Le signal a été initialement clos en février 2021 avant d’être réouvert en avril de la même année et finalement classé comme risque important identifié dans les plans de gestion des risques.
L’Agence Européenne des Médicaments (EMA) a exigé du laboratoire des informations détaillées sur les cas mortels de myocardite selon les tranches d’âge. En réponse, Pfizer a rapporté deux décès chez des enfants de 5 à 11 ans, trois chez des adolescents de 12 à 15 ans et quatre chez de jeunes adultes de 18 à 24 ans. Concernant la péricardite, onze cas mortels ont été identifiés, dont deux concernaient des personnes de moins de 30 ans.
Le CDC américain a également analysé ces pathologies mais a restreint son calcul aux événements survenant dans les 21 jours suivant l’injection. Cette méthode a eu pour conséquence de ne prendre en compte que 7,6 % des cas réels de myocardite et de péricardite signalés dans le VAERS, minimisant ainsi l’ampleur du signal statistique.
Le domaine de la santé gynécologique a également vu émerger des signaux concernant les troubles menstruels. Bien que ces troubles aient été discutés dès avril 2021, le laboratoire a initialement attribué ces altérations des règles à des facteurs psychologiques liés au stress de la pandémie ou à des changements de régime alimentaire.
Ce n’est qu’en octobre 2022 que le Comité d’évaluation des risques en pharmacovigilance de l’EMA a officiellement ajouté les saignements menstruels abondants comme effet secondaire du vaccin. Parallèlement, des analyses de pharmacovigilance ont mis en évidence un sur-risque d’accidents vasculaires cérébraux et de thromboses veineuses cérébrales. Une étude incluse dans le quatrième rapport de sécurité a confirmé un risque de thrombose multiplié par 4,7 pour les femmes âgées de 25 à 49 ans dans les trois semaines suivant la vaccination. Malgré l’existence de ces signaux statistiques clairs, les autorités ont parfois jugé qu’ils ne constituaient pas des problèmes de sécurité majeurs en s’appuyant sur des taux de base moyens de la population.
Un problème méthodologique central soulevé par le rapport concerne la sous-notification chronique des effets indésirables. L’EMA reconnaît explicitement que les limitations inhérentes aux données de pharmacovigilance, basées sur des déclarations volontaires et souvent incomplètes, empêchent une évaluation médicale précise de la causalité. Le taux de déclaration est estimé entre 1 % et 10 % seulement pour les vaccins, ce qui suggère que les chiffres officiels devraient être multipliés par dix ou cent pour refléter la réalité. Cette incertitude est renforcée par l’absence totale de données sur l’impact à long terme de l’administration répétée de doses de rappel annuelles.
De plus, le rapport met en lumière une hétérogénéité marquée de la toxicité selon les numéros de lots de fabrication. Certains lots ont été associés à plus de 14 000 cas d’effets indésirables, tandis que d’autres présentaient des profils beaucoup moins réactifs. Cette variabilité pose la question de la stabilité du produit fini et de l’existence potentielle de pollutions ou de substances non déclarées selon les sites de production.
En conclusion, la balance bénéfices/risques est jugée extrêmement complexe à évaluer en raison de la multitude de signaux de sécurité touchant presque tous les systèmes organiques. Les rapports de sécurité successifs ont permis d’identifier des pathologies graves et invalidantes, incluant des troubles cardiaques, neurologiques et vasculaires, dont le public n’a pas toujours été informé de manière transparente. L’EMA a elle-même admis que les essais cliniques n’étaient pas assez puissants pour détecter des problèmes de sécurité rares et que le suivi en vie réelle comportait des biais inhérents.
L’accumulation de signalements de décès, y compris dans des populations jeunes et en bonne santé, aurait dû, selon l’auteur, inciter les agences de régulation à une prudence accrue.
Le manque de connaissances persistantes sur des populations vulnérables, comme les immunodéprimés ou les personnes souffrant de maladies auto-immunes, demeure un point d’inquiétude majeur dans les plans de gestion des risques actuels.
L’intégralité du rapport est téléchargeable ici : Vaccine-expertise GCP-CCotton-2025-01-27-French
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