La cession d’un fonds de commerce de coiffure ou d’esthétique présente des particularités fortes par rapport à une cession commerciale classique : la valeur du fonds repose en grande partie sur une clientèle fidélisée et sur des agencements techniques difficiles à standardiser. Trois points méritent une attention particulière.
La clientèle, premier actif à valoriser
Dans ce secteur, un carnet de clients fidèles pèse souvent plus lourd que le matériel dans l’évaluation du fonds. Sa pérennité doit être documentée : historique de fréquentation, chiffre d’affaires récurrent, ancienneté de la patientèle. Un fichier client bien tenu et conforme au RGPD est aussi un argument de négociation à ne pas négliger, à condition d’avoir recueilli les consentements nécessaires à son transfert.
Le bail et les aménagements spécifiques
Bacs de lavage, miroirs, cabines d’esthétique, matériel de stérilisation : ces aménagements font partie intégrante du fonds cédé et doivent être listés et évalués précisément dans l’acte. Comme pour toute cession commerciale, le droit au bail doit être transmis dans le respect des clauses du contrat de bail (clause de cession, agrément du bailleur le cas échéant, destination des lieux compatible avec l’activité de coiffure ou d’esthétique).
Le personnel : coiffeurs et esthéticiennes transférés de plein droit
En application de l’article L. 1224-1 du Code du travail, les contrats de travail des salariés en poste (coiffeurs, esthéticiennes, apprentis) sont transférés automatiquement au repreneur, avec l’ancienneté acquise. Leur fidélité et leur relation avec la clientèle constituent souvent un facteur clé de la continuité de l’activité après la reprise — un élément à mettre en avant plutôt qu’à redouter.
Points de vigilance spécifiques au secteur
- Vérifier les qualifications professionnelles requises (CAP coiffure/esthétique) pour l’exploitation par le repreneur.
- Contrôler la conformité des installations (normes d’hygiène, produits, stérilisation).
- Auditer les contrats de franchise ou d’enseigne, fréquents dans ce secteur.
- Prévoir une clause de non-concurrence adaptée au bassin de clientèle local.
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