Introduction
Dans un dossier technique — qu’il porte sur la santé, la construction ou l’informatique — une partie produit souvent un rapport d’expertise établi à sa demande, en dehors de toute procédure judiciaire. Encore faut-il en connaître le régime de recevabilité et les limites.
Le principe : une pièce recevable, pas une preuve automatique
Depuis un arrêt d’assemblée plénière de la Cour de cassation du 5 décembre 2012, un rapport d’expertise non judiciaire est recevable comme mode de preuve, dès lors qu’il a été soumis à la libre discussion des parties. Il ne s’impose toutefois jamais au juge, qui reste libre d’en apprécier la valeur au regard des autres éléments du dossier.
L’exigence centrale du contradictoire
La partie qui produit un tel rapport doit le communiquer intégralement à son adversaire, avec ses annexes et pièces justificatives, dans des délais permettant une discussion utile. Un rapport produit tardivement ou de façon incomplète peut être écarté des débats sur ce seul fondement, indépendamment de son contenu.
Comment le juge évalue le sérieux d’un rapport
Le juge tient compte de la qualification et de l’indépendance de son auteur, de la méthodologie suivie, de la cohérence des conclusions avec les pièces du dossier, et de l’existence d’éventuelles contre-expertises ou avis contraires versés par la partie adverse. Un rapport très étayé peut ainsi être neutralisé par la démonstration de biais méthodologiques ou par un rapport contradictoire de sens contraire.
Conclusion
Produire un rapport d’expertise privé est une stratégie utile mais qui doit être maniée avec rigueur procédurale. Ellipsis Avocats conseille ses clients sur la constitution et la discussion de ce type de preuve technique.
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