Bioéthique: aide active à mourir, les débats s’accordent pour calmer la fièvre législative

Bioéthique: aide active à mourir, les débats s’accordent pour calmer la fièvre législative

Du 12 au 14 juin s’est tenu le 30 e congrès des soins palliatifs. Plus de 2700 personnes étaient
présentes, dont médecins, infirmières et soignants accompagnants les patients en
situation de fin de vie.
La grande question était leur sentiment à l’égard de l’interruption et de l’annulation des
débats parlementaires sur la fin de vie. Toutes les réponses s’accordent en majorité, à
savoir la volonté commune d’une suspension.

Rester mesuré face au projet de loi, un enjeu crucial

Les dispositions avaient été bien au-delà des dispositions initiales qui avaient été prévues
d’après l’avis du comité national d’éthique, concernant l’ouverture d’un droit d’accès a
l’aide active à mourir aux personnes atteinte d’une maladie engageant le pronostic vital à
court ou moyen terme.

Quid des perspectives d’évolution ?

Une crainte anthropologique s’était déjà fait ressentir quant à la possibilité d’une
légalisation du droit d’accès au suicide assisté et de l’euthanasie.
En effet, cette démarche pouvait être la première étape d’une évolution conduisant à un
droit pour chacun d’être maître de sa vie et de sa mort.
La commission parlementaire avait d’ailleurs en ce sens modifié le texte en élargissant ce
droit d’accès pour l’aide active à mourir.

 

Un enjeu éthique complexe

« Cette éthique du soin palliatif peut s’énoncer en cinq principes repris par les lois successives qui fixent le modèle français de la fin de vie, souligne le philosophe Jacques Ricot. Le refus de l’obstination déraisonnable, l’ancien acharnement thérapeutique ;
l’obligation de soulager la souffrance quelles qu’en soient les conséquences sur la durée
de vie du patient ; le devoir de fraternité et de non-abandon du malade ; le respect de sa
liberté qui consiste à ne pas lui infliger de traitement sans son consentement ; enfin,
l’interdit de l’homicide, l’une des exigences fondamentales du serment d’Hippocrate. »

Lors du 29 e congrès de 2023, un refus se faisait déjà ressentir 

« Notre position est connue. Pour nous, donner la mort n’est pas un soin. Nous
réaffirmerons donc que l’euthanasie est hors du champ du possible pour la grande
majorité des soignants »,  répliquait Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs à
Narbonne et actuelle présidente de la Sfap.

Un projet de loi écourté par l’actualité politique 

Du fait de la dissolution de l’Assemblée nationale, le projet de loi est devenu caduc. Pour que sa discussion reprenne, il faudra que le nouveau gouvernement, s’il le souhaite, le redépose sur le bureau de l’Assemblée, après les élections législatives du 30 juin et 7 juillet 2024.

 

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