L’ANSM, le Mediator et la Crise du Covid : L’Échec Continu du Gendarme du Médicament

L’ANSM, le Mediator et la Crise du Covid : L’Échec Continu du Gendarme du Médicament

Cet article reprend les éléments du livre de Pierre Chaillot “Covid 19, ce que révèlent les chiffres officiels fin 2023: mortalité, tests, vaccins, hôpitaux, la vérité sous nos yeux” aux éditions de l’Artilleur

L’ère sanitaire contemporaine, marquée par l’instauration de mesures coercitives d’une sévérité sans précédent, a cruellement exposé la faillite potentiellement orchestrée des institutions françaises de santé publique, dont la vocation première de régulateur du médicament et de garant de la fiabilité statistique fut largement compromise au profit d’une orthodoxie guidée par des impératifs politiques et industriels. Ces défaillances récurrentes, qui évoquent de façon troublante les drames passés comme l’affaire du Mediator, soulèvent une interrogation cruciale sur l’indépendance et l’intégrité de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), de la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques) et de la Haute Autorité de Santé (HAS). Il est nécessaire d’analyser si ces organismes, au lieu de s’ériger en remparts contre la désinformation et la capture par les intérêts financiers, n’ont pas plutôt servi de caution scientifique et de vecteurs à une stratégie visant à imposer des solutions onéreuses avec une justification sanitaire insuffisante.

L’ANSM, en particulier, est fragilisée par un historique de négligence manifeste, ayant été condamnée par la justice le 29 mars 2021 pour homicides et blessures involontaires dans le cadre de l’affaire du Mediator. Le tribunal avait alors explicitement statué que l’agence d’État avait “failli dans son rôle de police sanitaire et de gendarme du médicament”, ce qui atteste que le problème d’intégrité et de vigilance n’est pas nouveau. Ce contexte de faiblesse historique a préparé le terrain à la répétition des complaisances lors de la survenue de la crise du Covid-19, d’autant que l’ensemble du système de santé était déjà orienté par une bureaucratie financière, notamment depuis l’instauration de la Tarification à l’Acte (T2A) en 2007. La T2A a transformé l’hôpital, passant d’une logique de “moyens” à une logique de “résultats” interprétés sous l’angle financier, obligeant l’informatisation de tous les actes médicaux pour les inscrire dans des codes précis (Classification internationale des maladies CIM-10) afin de déterminer si une pathologie était “rentable”.

Cette codification, pilotée par des organisations internationales comme l’OMS et par la HAS, toutes deux documentées pour leurs liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique, a permis de contrôler insidieusement les statistiques, entraînant un biais systématique de sur-comptage des pathologies financièrement intéressantes et de sous-comptage des autres. L’effet le plus visible fut l’influence du gouvernement sur les orientations hospitalières par le simple jeu des tarifs, évitant ainsi tout débat scientifique sur les choix stratégiques. Lorsque le Covid-19 est apparu, l’OMS a immédiatement introduit un nouveau code d’urgence (U07.XX) pour “mesurer” les cas, permettant une facturation des séjours bien supérieure à celle des syndromes grippaux classiques. Cette incitation financière a provoqué une disparition des diagnostics traditionnels de grippes et de pneumonies des statistiques hospitalières au profit de l’étiquette Covid-19, un transfert de codage qui a artificiellement amplifié l’impression de gravité de l’épidémie.

La complicité des agences de santé a été particulièrement manifeste dans le refus de soin précoce imposé aux patients, qualifié de “faute la plus grave de toutes” par certains chercheurs. La HAS et le Haut Conseil de Santé Publique se sont rendus complices de cette directive, interdisant aux médecins de ville de prescrire des traitements en amont, au-delà du paracétamol. Cette interdiction a eu un impact mesurable, notamment la chute des ventes d’antibiotiques, qui ont diminué de 40 % puis de 47 % en avril et mai 2020. En parallèle, l’ANSM a permis l’application du “décret Rivotril” dès le 28 mars 2020, qui dérogeait au Code de la santé publique pour autoriser la distribution du Rivotril injectable, un antiépileptique dont la notice mentionne pourtant clairement l’insuffisance respiratoire grave comme contre-indication. Cette mesure, désignée comme un « protocole palliatif Covid », a coïncidé avec une augmentation spectaculaire des ventes du Rivotril injectable, avec une hausse de 227 % en avril 2020, ce qui a pu permettre d’accélérer environ 24 000 décès, principalement en Ehpad.

Les agences de production de données, telles que la DREES, ont amplifié ce récit alarmiste en manipulant et en sélectionnant les chiffres. Le slogan ministériel “on peut discuter de tout sauf des chiffres” est une véritable aberration scientifique, car il est au contraire nécessaire de “discuter de tout, surtout des chiffres”. La DREES a publié des analyses d’efficacité vaccinale en omettant des données cruciales : une étude de juillet 2021 sur les décès “Covid-19” omettait 954 décès, soit 51 % du total attendu, un manque attribué à un “choix méthodologique” sans justification. Ces chiffres manquants, une fois révélés, ont été expliqués en partie par des corrections légitimes, mais en grande partie par un choix arbitraire d’exclure les personnes hospitalisées avant le 15 mai. Surtout, la DREES a constamment refusé de publier les statistiques de mortalité toutes causes confondues selon le statut vaccinal, une non-publication qui “finit par ressembler à un aveu” de la part des autorités.

De plus, la Cour des comptes a dénoncé l’opacité des indicateurs fournis par les autorités pour justifier les mesures sanitaires. Elle a notamment mis en évidence que le fameux “taux d’occupation des réanimations” était trompeur à plusieurs égards, car il ne concernait pas uniquement les réanimations mais l’ensemble des soins critiques, et que le nombre de lits réellement disponibles n’était jamais publié. Ces imprécisions ont permis de donner au public l’impression que la capacité nationale de réanimation de 5 000 lits était dépassée, alors qu’il s’agissait du nombre de patients Covid-19 admis dans l’ensemble des soins critiques (20 000 lits disponibles), créant une confusion artificielle entre saturation réelle et communication alarmiste.

Quant au groupement Epi-Phare, codirigé par l’ANSM et la Cnam, il a produit des études qui manquaient d’indépendance et de rigueur méthodologique, se rapprochant de “l’auto-validation du ministre de la Santé”. Leurs études, notamment celle sur les risques cardiovasculaires post-vaccination pour les moins de 75 ans, ont utilisé une méthodologie biaisée en n’analysant le sur-risque que pendant les trois semaines suivant l’injection. Cette approche, qui intégrait les événements post-trois semaines dans le groupe témoin, rendait invisibles les risques à moyen ou long terme. Pourtant, même en utilisant cette méthode sélective, l’étude a révélé des risques significatifs d’infarctus et d’embolie pulmonaire pour les vaccins à adénovirus (Janssen et AstraZeneca), démontrant que ces produits n’étaient pas aussi “sûrs”, que ce qu’ont affirmé les autorités.

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